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 Something dangerous [Libre]

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Anathèmna

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Messages : 2
Date d'inscription : 02/08/2016
Age : 20

MessageSujet: Something dangerous [Libre]   Lun 24 Avr - 11:42

Je suis penchée auprès d’un homme, à soigner une blessure superficielle qu’il s’st fait. Un soldat, j’en suis persuadée. Il me sourit. Il est gentil. Je ne sais pas ce que nous nous disons, mais je suis bien, auprès de lui. Mes cheveux sont ramenés d’un seul coté, une crinière noire indisciplinée. Mes yeux bleus rencontrent sans cesse le regard noisette de l’homme. Mes joues s’échauffent. La pièce est toute blanche, sans aucune porte. Et puis, d’un coup, je tourne la tête. Ce n’est pas un bruit qui a attiré mon attention, ni même un mouvement à la périphérie de ma vision. Je savais que je devais tourner la tête à ce moment là. Derrière moi, une grande vitre. Un groupe d’hommes passe. Il y en a un qui accroche mes yeux, aussi sûrement qu’un hameçon accroche la bouche d’un poisson. Je perds mon sourire. Mais je ne peux me détacher de lui. Je le regarde passer devant ma pièce blanche, tandis qu’il ne me prête absolument pas attention. Finalement je le perds de vue, tandis que la vitre s’arrête et que lui continue son chemin d’un pas toujours aussi sûr de lui. Je reste un moment abasourdie et finalement, je reporte mon attention sur mon patient. Je reprends mon sourire, ma discussion, là où l’on s’était arrêté. Comme si l’autre n’avait aucune importance. En avait-il une ?

*

J’ouvre les yeux, alerte, et après avoir considéré les ténèbres autour de moi je me laisse retourner à un demi-sommeil. Si je ne me souviens pas du visage de mon patient, l’autre homme m’est tout à fait clair. Ses vêtements noirs, simples. Ses cheveux gris. Mais son visage, lui, s’efface. Encore un inconnu qui s’évaporera avec la nuit. Souvenir fugace qui m’échappe. Silhouette qui, pendant une nuit, m’a apporté un fort sentiment de bien être et de sécurité, alors même que je ne l’ai jamais vu. Je soupire, et fini par me redresser dans mon lit. Il fait encore bien sombre, mais je sais que je ne retrouverai pas le sommeil. Autant me lever et tout préparer pour la princesse. Je la réveillerai juste avant que le soleil se lève, pour qu’elle puisse admirer l’aube naissante, comme chaque matin. Un spectacle merveilleux et fugace.
Je me guide à travers ma petite chambre pour trouver la bougie qui a brûlée toute la nuit, en attendant mon réveil. Elle est postée là, sur la vieille cheminée couverte d’une saleté noire d’encre, signe de nombreux feux par le passé. Mais cela fait bien longtemps qu’elle ne fonctionne plus, cette cheminée. Elle sert juste à poser cette petite bougie, cette petite lueur de vie, qui danse toute la nuit. A sa lumière, je m’habille prestement, hésitant une seconde entre ma robe brûnatre et la robe bleue que la reine m’a donnée. Je suis sa dame de compagnie, mais également une servante. Tant qu’elle n’est pas levée, je vais sûrement faire des tâches de servante. M’en tiendra-t-elle rigueur ? Ses ministres verront-ils mes activités d’un bon œil ? Je grimace et attrape la robe bleue. Je m’occuperai de tâches non salissantes. Comme porter de l’eau aux bêtes. Allumer les premières bougies du château. Collecter les rapports des divers gardes de nuit, prenant de vitesse le ministre Grepin, un petit rat fouineur qui a tendance à être trop lèche botte et hypocrite, comme ça, il n’aura aucune raison de vouloir déranger la reine.

Forte de cette idée, je quitte ma chambre un petit sourire sur les lèvres. Avant de faire demi tour en catastrophe, repensant fortuitement au petit cahier que sa Majesté m’a confié. Un petit cahier usé, destiné aux enfants, pour apprendre à lire. Des mots, des phrases courtes. Je l’emporte partout. Dès que j’ai un instant de répit, je l’ouvre et j’essaie de déchiffrer les symboles. J’y arrive de mieux en mieux. J’y arrive mieux qu’écrire. J’apprends de nouveaux mots, petit à petit, et j’essaie de les utiliser devant la reine, afin qu’elle soit fière de moi. Qu’elle voit que ses efforts envers moi sont payants. J’attrape donc le petit cahier à la couverture usée, un velours rouge délavé et abîmé. Et, le cahier sous le coude, je passe le seuil de ma porte afin de m’engager dans le couloir, guillerette. La lueur de la bougie projette mon ombre sur les murs en pierre. Les couloirs sont encore sombres, et la lune éclaire légèrement, à travers les grandes fenêtres ouvragées en fer forgé. Le château m’a toujours parut beau.

J’arrive dans l’un des halls secondaires, où l’âtre d’une cheminée brûle. Ici, normalement, je devrais croiser deux gardes. Mais il n’y a personne. Je m’avance dans la pièce, sourcils froncés, et j’allume au passage une bougie qui passe à porter, apportant un peu plus de lumière.

« Lowell ? Sieran ? Je sais que c’est vous qui êtes de garde ici, cette nuit, vous êtes où ? »

Ce sont deux connaissances à moi. Presque des amis. Ils me taquinent tout le temps, disant que je suis très jolie mais que je n’ai rien dans la caboche. Ils n’ont pas tout à fait tort. Je parcours le hall, méfiante. Me font-ils une blague ? Ce n’est pas dans leur habitude. Une peur croissante prend place dans mon cœur, et ma main se met à trembloter. La lumière vacille, sur le mur. Jusqu’à ce que je les vois. Là, dans un coin d’ombre. Deux corps, vautré contre le mur, qui ont glissé sur le sol. Sieran a son épée à travers le torse. Il manque la tête de Lowell. Je manque d’air. Ma bougie tombe. Les larmes montent. La peur devient une bête hurlante à l’intérieur de moi. Mais moi, moi je ne parviens pas à pousser un son. Ils sont morts. Morts. Définitivement. La reine. Ma reine ! Mon dieu.
Je suis pétrifiée. La première possibilité, c’est de courir jusqu’aux appartements de la reine pour la prévenir. C’est ma première idée, mon instinct. La seconde possibilité, c’est que c’est déjà trop tard, et que je ferai mieux de partir de là avant de me faire assassiner à mon tour. Ca, c’est ma terreur qui parle, couplée à mon instinct de survie. La troisième possibilité, c’est que ma voix a attirée le tueur, et qu’il se dit que je vais courir jusqu’à la reine pour la prévenir. Je lui offrirais donc un chemin parfait jusqu’aux appartements de la reine qui ne sont pas aisés à trouver puisque le château est grand.
Mais, et s’il me tue avant que je puisse prévenir quiconque ? Mais peut être qu’il n’est plus là. Prendre des risques, ou ne pas en prendre. Philaé. Est-ce que Philaé est là ? En plein jour, lorsqu’il passe devant un rayon de lumière, je peux le voir. Mais je ne l’ai jamais vu, de nuit. Il ne m’a jamais parlé. Et c’est le roi de la filature. Respire. Tout va bien se passer. J’avise la grande fenêtre du hall. Si je balance quelque chose à travers, je peux fuir par là. Nous sommes au deuxième étage, mais je ne crains pas la hauteur, puisque j’ai des ailes. Paranoïaque, j’ai l’impression d’être observée. Je me rapproche discrètement de la fenêtre, et, à voix basse, je demande :

« Il y a quelqu’un ? »

J’avise au dernier moment le cahier de la reine, celui de velours rouge, tombé à terre près de la bougie. Je ne me suis pas rendue compte que je l’avais lâchée. Mais j’ai bien trop peur pour aller le chercher. Quelque chose tombe à l’autre bout du hall, là où il fait trop sombre pour voir quelque chose. Il n’y a pas d’animaux de compagnie ici. C’est quelqu’un qui vient de faire tomber ça. Un frisson me parcours, tandis que je suis presque devant la grande fenêtre, prête à la briser avec une chaise à portée de main. Depuis les airs, je peux rejoindre la Reine en temps record. Et l’assassin ne pourra certainement pas me suivre.
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